Se souvenir des maquisards tombés au Perrier

Le dimanche 31 juillet à 10h  au Monument du Perrier aura  lieu la  traditionnelle cérémonie  commémorant la mort de  5 maquisards au lieu-dit le  Perrier le 29 juillet 1944.

 

Cette cérémonie sera suivie à 11h  par une autre cérémonie , intimement liée, en mémoire des combats des Murels à Albussac. 

A l'issue de ces cérémonies , un vin d'honneur sera offert à Albussac.

 

Contexte historique 

Au printemps 1944, le contexte est marqué par une extrême violence en Limousin. En Corrèze, la population souffre notamment des exactions de la Division Brehmer constituée en mars afin de réduire les forces du maquis de la région et faire la chasse aux juifs. (Beynat en fit d’ailleurs la cruelle expérience le 2 avril avec rafles, pillages, incendies et déportations). Le débarquement des troupes alliées le 6 juin, la situation désastreuse de l’armée allemande sur le front de l’Est mais aussi l’activité et la pugnacité du « Maquis » commencent à faire douter l’armée d’occupation en Corrèze. A cran, les allemands n’ont plus rien à perdre et se livrent aux pires atrocités. En témoignent la trainée sanglante laissée par la division «Das Reich» lors de son périple pour rejoindre la Normandie. On pense bien sur aux pendus de Tulle le 9 juin et au massacre d’Oradour-Sur Glane le 10 juin.

Le drame du Perrier, sous fond de résistance.

Parallèlement à cela, les maquisards s’organisent. L’opération de parachutage du 14 juillet au Moustoulat et les tonnes d’armes et de matériels recueillis vont être pour la Résistance corrézienne d’un appui logistique déterminant. L’armée secrète basée à Chenailler Mascheix puis à Lanteuil a pour objectif la libération de Brive la Gaillarde. Le 29 juillet à 16h, la 7ème compagnie « As de Pique » fait mouvement en autocars depuis Moustoulat vers Beynat pour s’installer en campement au village du Perrier. Ce même jour, une compagnie motorisée du 95ème régiment de sécurité allemande, forte de 80 hommes lourdement armés, rode dans le secteur au sud de Cornil. Venant du Chastang, elle prend alors la direction du Perrier. Les maquisards sont joyeux, confiant et « la fleur au canon ». Ordre est donné de décharger armes et matériels tandis qu’une patrouille de quatre hommes est envoyée en couverture pour sécuriser le campement. A peine a-t’elle parcouru 150 mètres qu’elle tombe sur les soldats allemands postés en embuscade. René Chancellé (37 ans) est tué sur le coup. Georges Charageat (19ans) et Pierre Laumond (20ans) sont blessés et soignés par l’ennemi. Interrogés mais refusant de répondre ils seront alors assassinés. Le caporal-chef André Denis s’en sortira indemne en simulant la mort. Présent lors du 70ème anniversaire de la commémoration du Perrier en 2014, il est décédé l’année suivante à l’âge de 91 ans. A l’arrière, près des autocars dont un va bruler, le groupe des maquisards pour la plupart non armés, se réfugie sur ordre dans la châtaigneraie voisine, pour éviter ainsi un plus gros massacre. Seuls trois d’entre eux : René Bouvy (21 ans), Bernard Haller (19 ans) et Jean Klein, armés, font face aux allemands. Jean Klein sera l’unique survivant et témoignera ensuite que c’est l’usage des balles traçantes qui les fit repérer. Ainsi tombèrent comme des braves, Chancellé, Charageat, Laumond, Haller et Bouvy le 29 juillet 1944, sans avoir pu goûter aux joies de la libération de Brive le 15 août et de l’ensemble du département le 22.

 

Un monument pour ne pas oublier

Le 27 juillet 1947, la population rend un hommage solennel aux maquisards et le monument que l’on connait aujourd’hui est alors inauguré. A cette occasion, l’ institutrice et adjointe au maire Lucie issoulié écrira un poème, mis en musique des années plus tard. Chaque année la commémoration au monument du Perrier sur lequel est apposée une plaque avec la mention « victimes de la barbarie nazie » attire une foule nombreuse. 

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